Jean Charles Faivre Pierret vous explique le burn-out

Le burn-out est devenu quelque chose de si courant qu’il est presque devenu un mot français. Pourtant, le terme qu’on devrait utiliser, c’est le syndrome d’épuisement professionnel. Maintenant, tout le monde parle de burn-out, tout simplement parce qu’on a failli en subir un, parce qu’on connaît des amis qui en ont eu un ou parce qu’on est sur le point de se retrouver en situation de burn-out. Un burn-out est une sorte de dépression en accéléré, c’est la « maladie des premiers de la classe », c’est lorsque l’on va se tuer au travail.
On parle de syndrome d’épuisement professionnel parce que ça a surtout été décrit dans le cadre du travail mais ça peut tout à fait arriver à une mère au foyer qui est complètement dépassée par sa famille, qui est en quelque sorte une trop bonne mère. Cela peut arriver à un étudiant…et dans le travail on parle de burn-out.

Comment se passe le burn-out ?

Généralement, le burn-out se produit auprès de personnes exigeantes envers elles-mêmes, exigeantes dans leur travail, ces perfectionnistes qui veulent bien faire leur travail. Alors à un moment il y a un surplus d’activité. Pourquoi ? Parce que la personne est trop perfectionniste ou bien parce que son management leur donne de plus en plus de travail et comme il y a de plus en plus de travail, ces gens-là prennent de moins en moins de pauses, ils travaillent de plus en plus longtemps, ils arrivent à 9h le matin repartent à 19h-20h et quand on leur dit qu’ils travaillent trop, ils répondent que c’est tout à fait normal de travailler autant dans leur secteur d’activité.

Ils ne veulent pas passer pour quelqu’un qui ne travaille pas. Ces gens-là rentrent dans un cercle vicieux : moins de pauses, des horaires plus longs, une pression du management, parfois la compétition entre collègues qui fait qu’on travaille de plus en plus et on se fatigue. Et ça n’est pas le corps qui se fatigue, mais la tête. Il y a une sorte d’usure qui se crée. A un moment, on se met à moins bien dormir, on arrive au travail avec une sorte de tension au niveau du ventre, la boule au ventre, on a l’impression qu’à l’intérieur on ressent moins de joie, on sort moins, on s’occupe moins de sa famille… «ça n’est pas grave, puisqu’il faut rapporter de l’argent à la maison, il faut bien faire son travail »…et finalement, à cause de pensées qui ont l’air en apparence tout à fait morales et justifiées, on oublie ces sensations, parce que finalement le burn-out, avant le moment d’exploser, avant le moment où quelque chose se casse et bien il y a eu des indications.

Le corps a fait comprendre qu’il ne peut plus supporter cela et qu’il vaut mieux changer de travail ou se mettre en arrêt maladie mais les personnes vertueuses qui travaillent bien ne se mettent jamais en arrêt maladie pour se protéger. « Ça ne se fait pas l’arrêt maladie » et donc les meilleures personnes deviennent les plus vulnérables. Elles vont jusqu’au bout parce qu’elles n’ont pas su à quel moment s’arrêter, parce qu’elles n’ont pas su entendre parler leur corps. Aussi il y a une faute de leur part peut-être mais aussi une faute de la part du management, des ressources humaines. Quelqu’un qui travaille trop, ça ne dérange personne. Quelqu’un qui fait des heures supplémentaires non-payées, ça ne dérange personne. La personne qui doit subir les responsabilités de son conjoint dans le couple, elle essaie de faire quelque chose mais elle arrive pas à le convaincre : comment dire à quelqu’un qu’il doit moins travailler ?

Finalement, les gens qui arrivent chez un psychologue ou un psychiatre (comme Jean Charles Faivre Pierret), il y a une sorte de faillite de la société et de l’entreprise. Le burn-out ne devrait pas exister. Si on respectait les horaires, si on respectait les temps de pause, si on avait une activité à soi, si on prenait le temps de s’occuper de sa famille, de ses passions, il n’y aurait jamais de burn-out. Mais de temps en temps, tous ces repères disparaissent et à ce moment-là, le corps doit se révolter et il le fait jusqu’au bout. Concrètement, qu’est-ce que le burn-out ? C’est souvent précédé d’insomnies, d’angoisse, de stress, d’irritabilité. Et quand on est vraiment dans le burn-out, c’est une sensation de fatigue. Mais pas une fatigue physique, une fatigue nerveuse : on a du mal à faire les choses, on se sent un peu mort à l’intérieur, on a plus vraiment de joie…parfois même on se met à pleurer. En fait c’est une dépression en accéléré. Le corps a tellement souffert qu’il a bien du s’anesthésier. Il se met à distance de ces souffrances.

Et a ce moment-là enfin, généralement, les gens réagissent. Enfin, généralement, ils consultent un psychiatre (comme JC Faivre Pierret). Mais s’ils ne consultent pas, et bien c’est souvent le risque suicidaire comme on l’a vu dans de grandes entreprises ; les gens qui se suicident sur leur lieu de travail, ce ne sont pas des cas isolés et ce sont généralement des gens qui ont fait un burn-out sans avoir été écoutés ni aidés.
Concrètement, on ne devrait pas avoir à traiter de burn-out, cela devrait être traité avant. Il faut donc réagir car le danger est réel. Ensuite, c’est un travail plutôt simple que l’on instaure. On met par exemple en place de la relaxation, on baisse le stress parce qu’il y a un moment où l’on est tellement fatigué nerveusement, on est tellement angoissé, que cela ne sert à rien de vouloir faire quoi que ce soit si on ne se sent pas mieux.

Ensuite on apprend à stopper les ruminations. On apprend à stopper les idées négatives. Et puis ensuite, il est temps de reconstruire. Reconstruire un rythme, un équilibre de vie où la famille, le travail, ces plaisirs personnels, existent et sont bien répartis parce que souvent les gens qui font des burn-out ce sont des gens qui n’ont pas une seule activité à eux, qui n’ont pas de temps, qui se perdent pour les autres. Et puis après, une fois que tout cela est accompli, on se demande pourquoi il y a eu un burnout. Parce que s’il y a eu un burnout, c’est qu’il y a eu un problème et que ce problème-là on ne l’a pas écouté. Soit on change la situation dans l’entreprise, soit on change la manière de travailler, soit on réfléchit à une autre vie, à un autre travail, à une manière d’être plus heureux.

Parce qu’à un moment, c’est simplement cette question qu’on doit se poser : suis-je là pour travailler jusqu’à me tuer à la tâche ou suis-je là pour être heureux, et si oui, quel est le travail qui va me permettre de m’épanouir ?

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